Martine Vacher, les longrais 1969                                         Martine Vacher-Fosse, Calais 2011
                      Martine Vacher aux Longrais en 1966                                 Martine Vacher-Fosse décorée à Calais en 2014

 

Le sentiment du devoir accompli,
Martine Vacher-Fosse quitte la Cité. 


 
 Arrivée il y a dix ans à Calais, Martine Fosse, conservatrice de la Cité internationale de la Dentelle et de la mode, prend sa retraite. Elle part avec le sentiment du devoir accompli, et le désir de voir "sa" Cité poursuivre son développement.On souhaiterait que Martine Fosse parle d'elle, ne serait-ce qu'un peu. Elle commence, mais très vite son discours prend la tangente, s'échappe et revient se fixer sur son sujet de prédilection, son oeuvre : la Cité internationale de la dentelle et de la Mode, qu'elle dirige depuis l'origine.
Aujourd'hui âgée de 64 ans, Martine Fosse fait valoir ses droits à la retraite. C'est donc l'heure pour elle de se retourner, d'évoquer ces dix années calaisiennes. "On a abouti à quelque chose, dit-elle. Oui, je suis fière de ce qui a été accompli ici. Car c'était la dernière chance". Et Martine Fosse parle, remonte dans l'histoire : "Dès le XIXe siècle, il y avait eu deux projets de Musée de la dentelle, émanant des professionnels", rappelle-t-elle. "Deux projets avortés, comme tous ceux qui naîtront tout au long du XXe siècle, projets que les guerres ou les mauvaises volontés feront capoter".
Arrivée en 2001, à l'heure où "enfin, on consentait à s'intéresser au patrimoine", Martine Fosse est chargée de cette mission, de faire éclore ce musée que Calais n'osait plus attendre. "S'il ne se faisait pas là, il ne se serait jamais fait", affirme-t-elle. Alors oui, elle est fière d'avoir apporté sa pierre à l'édifice, d'avoir pu ériger cette Cité, avec tout ce monde mêlé à l'aventure : les Calaisiens, les dentelliers, les architectes, les élus, "pour faire un véritable musée du XXIe siècle, un magnifique outil de travail qu'il va maintenant falloir savoir utiliser".

Point final
 
La Cité de la Dentelle marque pour Martine Fosse le point final d'une carrière commencée dans sa Haute-Normandie natale : "J'ai travaillé à l'Office culturel régional, la structure qui préfigurait les futures DRAC". Ce sont les années 70, où fleurissent les métiers de la culture, enfin reconnus à leur juste valeur. "Une chance, car lorsque j'ai suivi mes études supérieures, en histoire, on me faisait comprendre qu'hors l'enseignement, point de salut !".
Dans les années 80, Martine Fosse se rapproche de notre région. Via la Picardie et le familistère Godin, à Guise. Puis l'écomusée de Fourmies-Trélon, dans l'Avesnois, qui retrace l'histoire des filatures, de la verrerie.
Martine Fosse arrive donc à Calais en 2001, et le pari est de taille. Il s'agissait de concilier l'inconciliable, de conjuguer les contraires. "Il fallait associer le patrimoine bâti et l'architecture contemporaine, les disciplines purement scientifiques et d'autres purement artistiques, associer le patrimoine industriel et la recherche contemporaine dans l'art et le design".

Équilibres
 
Le pari est réussi, mais comme tous les équilibres, il est fragile. "Il reste évidemment beaucoup de choses à faire. Réserver un espace au Rachel, à la numérisation, aux nouvelles technologies de production. Ne surtout pas figer les choses. Et aussi améliorer l'implantation de la Cité dans la ville. À l'origine, il était prévu un aménagement, un cheminement qui mènerait des boulevards à la Cité. Car le projet de la Cité, il faut le rappeler, a toujours été conçu comme un développement de la ville". Sur sa succession, Martine Fosse ne dira pas grand-chose. Elle souhaite, surtout, que les choses ne se figent pas, et que rien ne soit concédé à la rigueur scientifique et culturelle.
Quant à elle, elle creusera son sillon, poursuivra des projets qu'elle a laissés en plan, dans les domaines de la verrerie, de la fonderie, de la dentelle.

Et d'abord, "chasser les miasmes et prendre le large". 

                                                                                     Journal "La Voix du Nord", le 28 janvier 2011. 


 
 
 



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