Armoiries de Bordeaux                                                             Blason Aunis et Saintonge     
                                       
                                                         Bordeaux                                                                          Saintonge et Aunis
 
 
Les branches maternelles
 
 
Ma mère Sylvette Grange est rattachée par son père, Robert Grange, à une famille d’architectes bordelais connus depuis la moitié du 19e siècle, les Grange, et à une famille de boulangers saintongeais, originaires de  Montpellier-de-Médillan (commune proche de Rioux et de sa magnifique église romane), les Puyravaud alliés aux Bertrand.
Par sa mère, Odette Imbourg, ma grand-mère maternelle, elle descend principalement de deux familles rioutaises, l’une les Salmon, qui étaient des protestants au 17e siècle venus à Rioux au début du 18e siècle, menuisiers de leur état, et l’autre les Imbour(g), vendéens des Deux-Sèvres (Saint-Martin d’Entraigues et Villiers-sur-Chizé) venus s’établir au milieu du 19e siècle en Charente-Maritime, plus précisément à Benon (ferme de Saint-Bibien) puis à Vouhé, enfin à Rioux fin du 19e siècle pour mon arrière grand-père Cassius Imbourg qui y repose avec son épouse Marie Elise (Laure) Maurice dont certains membres de cette famille étaient charpentiers.

 
Une famille d'architectes, les Grange de Bordeaux (33)


                   Antoine Achille Grange, Bordeaux                       Jean Charles Grange,Bordeaux                        Robert Grange, Bordeaux

                              Antoine Achille Grange                                   Jean Charles Grange                                   Jean Robert Grange        
                                                              
                        
A l’origine de cette famille, se trouve un François Grange, couvreur, deux fois marié (c’est une habitude dans cette famille) au début du 19e siècle, qui aura deux fils, l’aîné Joseph Grange issu d'un premier mariage, et Achille Grange le cadet, premier architecte de la famille, marié en 1866 à Bordeaux à Marguerite Patrouilleau. Leur union donnera trois fils. 
L’aîné Raoul Grange, sera officier, d’abord en Algérie puis au Maroc, et poète (sous le nom de Georges Rollon), ami du Général Lyautey à qui il dédicacera une de ses pièces de théâtre (voir ci-dessous). Il apprit l’arabe, épousera en 1930 en secondes noces une indigène marocaine (berbère ?) qui lui a déjà donné deux filles et un garçon et dont il divorcera (son deuxième divorce) après avoir reconnu tardivement ses enfants, ce qui le précipitera dans la tombe après son assassinat par un musulman à Casablanca en 1948.
Le deuxième fils d’Achille Grange est mon arrière grand-père, Charles Grange, architecte lui aussi, qui aura trois enfants avec trois femmes différentes, le deuxième étant mon grand-père, Robert Grange, devenu comme son oncle officier "de la Coloniale" qui s’engagera très jeune comme simple soldat (après avoir été mis à la porte avec sa mère par son père) en 1914 et passera par l’Ecole de Saint-Maixent pour devenir officier au Sénégal. Il décèdera de maladie à l’âge de 33 ans. Le premier enfant de Charles Grange, a été une fille, Charlotte Grange (qu’il a eue hors mariage, car il n’était pas question qu’un fils de famille épouse une domestique), élevée et adorée par son grand-père, car c’était la seule fille et petite-fille de la famille. Elle épousera le fils d’une famille de grands brasseurs alsaciens installés ensuite à Montpellier.
Quant au troisième et dernier fils d’Antoine Grange, Marcel Grange, il sera comme son père architecte et travaillera avec lui. Son union avec Catherine Labet, donnera naissance à quatre enfants dont l’aîné, Christian Grange, sera également architecte  (comme son cousin germain, Georges Grange, architecte de la Ville de Bordeaux, du temps du maire Jacques Chaban-Delmas, et troisième enfant de Charles Grange) et son deuxième fils, Gérard Grange, abbé de Sainte-Foy-la-Grande.


Commandant Raoul Grange (1866-1948)

 
                                                             Commandant Raoul Grange, Maroc


Engagé volontaire à 18 ans comme simple soldat, Raoul Grange a fait partie du Corps expéditionnaire du Tonkin et a pris part aux opérations militaires françaises contre les pirates dans l’affaire d’Hung-Hoa puis dans l’affaire de Tuyen-Quan, également dans la Haute Rivière Noire, durant les années 1885-1886.
Après cette période indochinoise, il est en Algérie dans des régiments de tirailleurs algériens où il se présente successivement comme lieutenant puis capitaine après être passé en 1893 par l’Ecole Militaire d’Infanterie (rang de sortie 271e sur 341 élèves officiers). Il participe alors comme capitaine au 2e régiment de tirailleurs algériens à des opérations militaires dans les régions sahariennes durant les années 1909-1910 et 1912. Juste avant la déclaration de guerre à l’Allemagne, il se trouve au Maroc occidental déjà en guerre. A partir d’août 1914, il fait la guerre contre l’Allemagne alternativement au Maroc (d’août 1914 à août 1915 et de mai 1916 à octobre 1917 en étant chef de bataillon hors cadres aux troupes marocaines à Meknès) et en France (d’août 1915 à avril 1916 et d’octobre 1917 à juin 1918) sans obtenir la Croix de guerre. A la fin de la Grande Guerre, il est chef du 2e bataillon au 128e régiment territorial d’infanterie en résidence à la Casbah Tadla au Maroc. Il restera durant toute sa retraite dans ce pays qu’il aimait tant et sera enterré à Casablanca.  
Sa carrière militaire, principalement dans le Maghreb, lui a fait obtenir autant de décorations françaises (Médaille du Tonkin en 1886, Légion d’honneur comme lieutenant en 1902, Médaille du Maroc, enfin officier de la Légion d’honneur en 1916) que de décorations étrangères (officier du Nicham-Iftickar en 1905, officier de l’Ordre du Ouissam-Hafidien et du Ouissam-Alaouite en 1915).
Durant toutes ses campagnes militaires, Raoul Grange (alias Georges Rollon) trouvait toujours le temps pour écrire de la poésie, des pièces de théâtre (l’une d’elles est dédiée au Maréchal Lyautey et jouée en sa présence), mais aussi de la prose où il exalte "le charme du Maghreb" en les adressant "Pour les Amoureux du Bled et les Amis de l’Islam".

 
Œuvre de Raoul Grange (alias Georges Rollon) :
 
Littérature (sous le pseudonyme de Georges Rollon):
 
-  Trois nouvelles.
-  1895, Ciels bleus et gris. Poésies
-  1897, Ciels bleus et gris. Poésies. Médaille de bronze de l’Académie Nationale des Belles-Lettres de
    Bordeaux.
-  Une tranche de vie réelle. Comédie en 1 acte et en prose.
-  1898, Pour ma mie. Poésies.
-  1899, Croquis ensoleillés. Médaille d’argent de l’Académie Nationale des Belles-Lettres de Bordeaux.
-  Ame d’Emir. Drame en 3 actes et en vers.
-  Rimes du temps passé (1884-1900). Poésies.
-  1906, L’âme des sables. Poésies (1905). Bône.
-  1914, Pour les Amoureux du Bled et les Amis de l’Islam. Poésies (1900-1914). Suivies de : Une fleur 
    dans les sables. Pièce en 1 acte et en vers.
-  Une fleur dans les sables. Acte en vers.
-  1928, Le charme du Maghreb. Poésies (1914-1920).
-  1928, Pour les Amoureux du Bled et les Amis de l’Islam. Poésies (1900-1914). Une fleur dans les
    sables.
    Pièce en 1 acte et en vers (représentée pour la 1ere fois à Rabat le 24 juin 1921 devant le Maréchal
    Lyautey
).
-  1929 (2e édition), Pour les Amoureux du Bled et les Amis de l’Islam. Poésies (1900-1914). Une fleur
    dans les sables. Pièce en 1 acte et en vers.
-  1933, Ultime amour. Saynète en vers. Rabat.
-  1934, Nouvelles maghrébines et … autres. Prose.
-  1937, Les Fleurs d’amour, rimes du temps passé (1884-1900).
-  1937, Levers de rideau (Vous ne saurez jamais. Pierre et Toinette. Le roi du monde. Ame d’émir).
-  Eros. Poésies (1940-1946).
-  1945, Rimes du temps passé, 3. Deux cultes. Poésies (1884-1945). Préface de Paul Odinot.
-  1947, Pour celles qui liront ces vers, à celles aussi qui ne les liront pas. Poèmes (1890-1946).


Archéologie ( sous le nom de Raoul Grange):
 
- 1900-1901, Fouilles de Tobna (Thubunae). Bull. archéologique du Ministère de l’Instruction Publique et
   des Beaux-Arts.

- Plan en relief, archéologique au 1/70 000e des environs de Tobna (Thubunae). Algérie.
- Rapport au Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts sur la découverte d’armes préhistoriques
   dans les cavernes du djebel Amar (province de Constantine-Braham). Constantine.
- Monographie de Tobna. Société Archéologique de Constantine. Braham, Constantine.
 
Divers  (sous le nom de Raoul Grange):
 
- Etat social des Arabes, considéré au point de vue agricole.
- 1896, Nos plaies : Les plaies de l’âme française.
- Janvier 1898, D’Alger à Tombouctou. Articles parus dans La Gironde et La Petite Gironde.
- 1898, Nos plaies : Les plaies de l’armée.
- 1904, La genèse du militarisme italien : Ses conséquences au point de vue économique et financier.
- 1913, Turcos d’hier et Tirailleurs d’aujourd’hui.

 
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L'affaire du Tonkin (1882-1896) 
 
L'expédition du Tonkin est une suite d'opérations militaires françaises opérées sous la Troisième République , afin de poursuivre l'expansion coloniale en Asie du Sud-Est et de mettre un terme aux attaques chinoises ; elle constitue un élément du conflit avec la Chine.
À la naissance de la Troisième République, la France possède déjà en Indochine, par le traité de 1862 avec l’empereur Tu Duc, trois provinces du sud de l'actuel Viêt-Nam qui forment la Cochinchine française, et bénéficie également de l’ouverture au commerce français de trois ports en Annam (actuel Viêt Nam). Les aspirations de la république dans la région sont poussées par les marchands qui cherchent des débouchés en Extrême-Orient, et de ceux qui rêvent de concurrencer l'Empire britannique, présent aux Indes, grâce au Mékong qui ouvrirait le Laos, la Birmanie, la Chine au commerce français. Les aspirations françaises sur le Mékong, déçues de l’exploration du fleuve par l'expédition géographique de Francis Garnier et d'Ernest Doudart de Lagrée en 1866-1868, se reportent sur le Fleuve Rouge au Tonkin, qui ouvre un débouché commercial sur la Chine.


 
 
                                                                       Guerredu Tonkin1884
                                                                              La Guerre du Tonkin (Image d'Epinal,1884)


En juillet 1881, le gouvernement de Jules Ferry obtient des crédits pour lancer une expédition au Tonkin. La raison officielle en est la lutte contre les Pavillons noirs, bandes armées chinoises installées dans les régions montagneuses. Le commandant Rivière, chef de l'expédition commanditée par le gouverneur de Cochinchine Le Myre de Vilers, s'empare de Hanoï le 25 avril 1882. Paris alors valide l'avancée du corps expéditionnaire en votant des crédits supplémentaires et en renforçant les effectifs. Les succès militaires et la crise dynastique qui suit la mort de l'empereur d'Annam, Tu Duc, affaiblissent la Cour de Hué qui signe le 25 août 1883 avec Jules Harmand, commissaire général de la République au Tonkin, le traité instituant le protectorat sur l'Annam-Tonkin. L'affaire du Tonkin pensée comme une opération limitée s'est transformée en guerre de conquête, vite doublée d'un conflit avec la Chine. Désormais les troupes françaises doivent lutter contre les forces vietnamiennes aidées par les mercenaires et les troupes officielles chinoises.
En 1883, réagissant aux hostilités entretenues par les Chinois et leurs auxiliaires les Pavillons Noirs et désireux d'ouvrir une fois pour toutes la route du Tonkin, les Français entament l'expédition sous l'impulsion du chef du gouvernement de l'époque, Jules Ferry. Plus coûteuse et moins rapide que prévue, la campagne du Tonkin et notamment la perte de la ville de Lang Son, entraîne la chute de Jules Ferry le 30 mars 1885 attaqué par la droite monarchiste et l'extrême-gauche radicale, Clémenceau en tête. La guerre franco-chinoise prend fin avec la signature, le 9 juin 1885, du traité de T'ien-tsin : la Chine renonce à ses droits sur l'empire d'Annam. L'Indochine française est officiellement fondée deux ans plus tard.
En octobre et novembre 1885, le général de Négrier parcourait avec une forte colonne, le Bay-Say (rive gauche du fleuve Rouge), que l’agitation gagnait sous l’influence du chef rebelle Doc-Tich. D’autre part, le lieutenant-colonel Dugenne avec la compagnie montée et le 2e bataillon de la Légion, prenait pied dans le Yen-Thé par l’occupation de la citadelle de Tin-Dao et commençait à y percer des routes. Cette province, couverte de forêts, était habitée par une population pauvre, très pillarde et facilement excitable, et qui a toujours fourni de nombreux partisans aux rebelles et aux pirates. Enfin, en décembre, le commandant Servière, qui dès le 1er mai, avait réoccupé avec le bataillon d’Afrique, Dong Song et Than-Moï, quittait ces postes et allait s’établir à Lang-Son, Dong-Dang et That-Khé, abandonnés cette fois par les troupes chinoises. A la même époque, nous commencions aussi l’occupation de la rivière Noire, que nous remontions jusqu’à Cho-Bo, où l’on installait un poste.
Mais l’évènement militaire important de cette campagne fut l’occupation définitive et complète de la vallée du fleuve Rouge jusqu’à la frontière chinoise. Cette occupation commença en novembre 1885 par les opérations contre Than-Maï, où s’étaient réfugiés, après les affaires de Hung-Hoa et de Tuyen-Quan, ce qui restait de nos ennemis, Pavillons Noirs, Chinois et Annamites. En octobre 1885, le général Brière de l’Isle était rentré en France et le général Jamont lui avait succédé. Le général Jamont, commandant le 1ere division, prit en personne la direction des opérations avec 6000 hommes et six batteries, divisés en trois colonnes. Les opérations d’investissement donnèrent lieu à deux petits engagements ; mais, quand les trois colonnes se portèrent à l’assaut des positions ennemies, elles les trouvèrent évacuées. L’occupation de Than-Quan en février 1886 par le général Jamont, celle enfin de Lao-Kay en mai par le colonel de Maussion achevèrent de nous donner le cours du fleuve Rouge. Ces opérations amenèrent aussi la disparition des Pavillons Noirs. Le peu qui en restait, désorganisé et découragé, repassa en Chine, où en récompense de leurs bons services, les Pavillons Noirs furent incorporés dans l’armée chinoise.
Cependant, les Français doivent encore faire face à l'insurrection des lettrés vietnamiens qui soutiennent le roi Ham Nghi en exil et refusent de reconnaître Dong Khanh, souverain fantoche. La lutte armée de leur mouvement, Cân Vuong, dure dix ans et s'achève avec la mort de l'un de ses plus grands chefs, Phan Dinh Phung, en décembre 1895. Quant aux Pavillons noirs, leur résistance prend fin avec la reddition du De Tham, leur chef en 1897. Le haut Tonkin passe alors sous la domination de la France.


 
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Lieutenant Robert Grange (1898-1931)
 
Engagé volontaire le 12 avril 1915 à Bordeaux pour la durée de la Grande Guerre, Robert Grange intègre à l’âge de 17 ans le 7e Régiment d’Infanterie Coloniale comme simple soldat de 2e classe. Il participe ainsi en France et en Tunisie aux Campagnes contre l’Allemagne jusqu’en octobre 1919. A la fin de la guerre, il est admis élève-aspirant au Centre d’Instruction des Elèves-aspirants d’Issoudun. Devenu aspirant en septembre 1918, il est cité à l’Ordre du 52e Régiment d’Infanterie Coloniale (Bataillon Indochinois) et obtient la Croix de Guerre avec étoile de bronze. Il participe à l’occupation des Territoires Rhénans d’octobre 1919 à novembre 1921.
 
Admis en octobre 1919 sous-lieutenant à titre définitif dans l’Infanterie Coloniale, il intègre en novembre 1920 l’Ecole Militaire d’Infanterie de Saint-Maixent, puis passe par le 1er Régiment d’Infanterie Coloniale puis le 1er Régiment de Chasseurs Malgaches, le 6e Régiment d’Infanterie Coloniale et le 16e Régiment de Tirailleurs Sénégalais. Il se marie à Rioux le 14 septembre 1921 avec Odette Imbourg et devient le 4 juin 1923 lieutenant à titre définitif pour servir en A.O.F. Le 11 septembre 1922, il est père d’une petite fille, nommée Sylvette, ma mère, qui naît à Montauban dans la maison de sa demi-sœur, Charlotte Houard.
 
Le 30 novembre 1923, Robert Grange, s’embarque à Marseille avec sa femme et sa petite fille pour rejoindre au Sénégal le 1er Régiment de Tirailleurs Sénégalais. Le 7 juillet 1924, naît son fils Claude à Saint Louis du Sénégal (un sénégalais blanc, comme il aimait le dire). Après trois ans passés au Sénégal, Robert est rapatrié avec sa famille et débarque à Bordeaux en septembre 1926. Il ne reviendra plus en Afrique noire. Il est alors mis, après un congé de convalescence de 3 mois, en non-activité pour « infirmité temporaire » (remarquons les termes choisis par la Grande muette) jusqu’à ce qu’on lui découvre en octobre 1930, une tuberculose évolutive qui a atteint les reins et provoque son décès le 10 juin 1931. Le sort en était jeté : il ne sera jamais capitaine. Ma grand-mère devenait veuve  à 32 ans avec deux jeunes enfants à charge et une petite pension. Elle se retira à Rioux et y rejoignit dans la maison familiale sa mère, Laure Imbourg, et sa sœur handicapée Denise Villeneuve.
 
 
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