Blason Collemont de Picardie                                                                      Blason Picardie
                                        Jehan de Collemont                                                                                     Picardie  
 
                                            Famille de Collemont
 
Le toponyme Collemont est connu en Picardie dès le XIIIe siècle (Villam de Colemont en 1267) voire au XIIe siècle (1155 et 1170) dans l’actuelle Belgique pour une seigneurie allodiale du Comté de Looz. Son étymologie en Belgique est assez floue puisqu'à l'origine il s'écrivait Kaelmont, Kolemont ou Coelmont dans les pays flamands qui pouvait se traduire par "mont chauve". Les vestiges d’une forteresse du XIIe siècle dite de Kolmont se trouvent sur le territoire  de la commune d’Overrepen au nord-ouest de Tongeren en Belgique. Il existe également un peu plus à l’ouest près de Borgloon, un bois dit de Colmont où deux jeunes partisans belges de 18 et 19 ans ont été faits prisonniers en septembre 1944 par les allemands , torturés puis exécutés le même jour.
 
La famille Colmont de Poix et ses environs 

Le blason des Collemont (un ange sculpté tient le blason) a été placé sous un bas-relief représentant la Cène et le Christ contre le mur intérieur du collatéral droit de l'église Saint-Antoine de Conty. Une inscription en caractères gothiques de la fin du XVe siècle s'y lit sur le mur du bas-côté gauche. Elle concerne Marguerite Groux, femme de Simon de Colmont, bourgeois-marchand de la ville de Poix, sans doute donateurs pour l'église, parents de Jehan de Colmont, curé de Conty et religieux de l'Abbaye de Saint-Quentin à Beauvais. Cette épitaphe se retrouve dans la crypte de l'église Saint-Denis de Poix,Simon de Colmont est cette fois l'époux de Marie Mille. L'ancienne paroisse Notre-Dame de Poix possédait une chapelle réservée aux de Collemont. Enfin, Jean de Colemont, curé de Lignières, se fait représenter en 1505 à genoux aux pieds de son patron sur un vitrail colorié (maintenant disparu) du choeur de l'église de Meigneux.

La famille Collemont d’Amiens

 
Blasonnement : Un sceau rond de Jean de Collemont daté de 1460 montre un écu "à la fasce accompagnée de trois tourteaux, penché, timbré d'un haume cimé, supporté par deux lévriers". Plus tard, le blason est : d'azur à la fasce d'argent chargée de trois tourteaux de sable et accompagnée de trois coquilles d'or, deux en chef et une en pointe. Support : deux licornes d'argent. Une demi-licorne au cimier du casque. 
 
Elle est représentée en 1386 par Pierre de Collemont qui habitait Rue des Fèvres (Orfèvres) à Amiens. Un autre membre de cette famille, Jehan de Collemont a été procureur à Amiens en 1457 puis lieutenant du Bailli en 1460, chanoine en 1462 et peut-être curé de Conty (voir ci-dessus). Un Robert de Collemont était prêtre-Prieur de Lalleu-en-Vimeu (Somme) en 1507 et un Jehannequin de Collemont archer en 1515 dans la Compagnie du Chevalier de Brimeu, seigneur d'Humbercourt. Deux membres de cette famille, Jean et Antoine de Collemont, participent en 1529 au paiement de la rançon des fils du Roy François Ier (gardés captifs en échange de la libération de leur père resté otage en Espagne suite à la défaite de Pavie) pour la dixième partie des revenus des fiefs nobles qu'ils possèdent dans le baillage d'Amiens. Il est ainsi réuni 5603 livres 7s. 6d. par Messire Jacques de La Meth, chevalier, sieur de Saint-Martin, capitaine de Corbie.  

                                                                        Dauphin François,fils de François Ier
                                                                            Le dauphin François, fils de François Ier
                                                                                        peint en 1524 par Jean Clouet

 
La généalogie de cette famille avec des filiations assurées commence avec Nicolas dit l’Aîné, bourgeois d’Amiens, échevin en 1513, receveur du domaine de la Ville et Cité d’Amiens en 1523-1524. Un de ses fils, Nicolas de Collemont, bourgeois d’Amiens, est de son côté échevin en 1539.
 
L’homme important de la famille est Jehan de Collemont, fils de Nicolas, qui accumule les fonctions civiles : receveur des Aydes en 1561, consul en 1568, prévost en 1569, receveur des Hospices en 1577, juge (en 1572, 1575, 1584, 1586) et surtout vingt fois échevin de 1565 à 1595, cinq fois maïeur d’Amiens (1571, 1578, 1580, 1587, 1588), deux fois Maître de la Confrérie du Puy Notre Dame d’Amiens en 1563 et 1592. Sire à partir de 1571, officier et conseiller du Roy Henri III en 1587 et 1594, il devient écuyer par lettres de Noblesse accordées par Henri III le 29 octobre 1588. Actif sous la Ligue, il se rallie à Henry IV et le sert fidèlement. Marié à Louise Pingré, il n’aura aucune descendance.
 
Le frère de Jehan, Robert II de Collemont, fils aîné de Nicolas, bourgeois d’Amiens, devient échevin en 1557 et de 1559 à 1561. Il accumule les fiefs dont certains fiefs nobles, grâce au commerce avec l’Espagne et à son navire "Le Croissant" qu’il a acheté avec son gendre, Vincent Voiture : des fiefs à Villers-Carbonnel (Péronne), à Goriencourt, à Le Bosquel. Son mariage avec Jeanne Le Caron, lui donne un fils aîné, François, grenetier de la ville d’Amiens, Commissaire subdélégué en la Province de Champagne en 1584. La noblesse de François, héritier de Jehan, est confirmée comme écuyer par le Roy Henri IV au Camp de Buchy en 1592 puis en 1610. La seconde fille de François, Anne de Collemont, s’allie à la famille Vuitasse (Witasse).
 
La descendance de François va élever la famille dans la noblesse picarde par des alliances de plus en plus prestigieuses en même temps "qu’elle tombera en quenouille". Le troisième fils de François, Claude de Collemont, sera comme écuyer et sieur de Framerville, Remicourt et Hérolles, lieutenant d’une Compagnie de Chevau-Légers. Le fils aîné de Claude, Charles de Collemont, chevalier, lieutenant des Maréchaux de France à Péronne, fera construire le Château de Framerville.  Le fils de Charles, Jean-Charles de Collemont, chevalier-écuyer, prouve sa noblesse pour devenir Page de la Grande Ecurie du Roy en 1699. Il sera lieutenant des Maréchaux de France à Péronne et Capitaine-Commandant au Régiment Colonel Général Cavalerie. Jean-Charles épouse en 1715 Charlotte de Vandeuil, veuve en premières noces d’Etienne François de Louvel, chevalier. Ils n’auront pas d’enfant. 


                                                                      Stanislas Catherine de Biaudos
                                                                    Stanislas Catherine de Biaudos

La sœur de Jean-Charles, Marie-Françoise de Collemont, épouse Charles François du Fossé, sieur de La Motte, écuyer-comte de Watteville, lieutenant-colonel au Régiment Béarn Infanterie, Gouverneur de Ham.  La fille de Marie-Françoise, Marie-Geneviève, s’allie à François Firmin Desfriches-Doria, chevalier-Comte Doria, Marquis de Payens. Quant à la petite-fille de Marie-Françoise, Marie-Françoise Elizabeth, elle épouse Stanislas Catherine de Biaudos, chevalier-Comte de Castéja, Colonel du Royal-Comtois, Gouverneur d’Arras. Le fils de cette dernière, André, sera Marquis de Castéja, maire de Framerville (cette commune reste très liée à la famille de Collemont et à sa descendance), Préfet (du Haut Rhin, de Haute Vienne, de Vienne et de Meurthe), Commandeur de la Légion d’Honneur.

 
Framerville, commune liée à la famille de Collemont
 
Framerville semble être un village de l'époque des Francs. Au dessus des carrières à l'est, se trouvait un cimetière mérovingien. Framerville formait une paroisse avant l'année 1262. Le premier seigneur de Framerville parait avoir été Beaudoin de Longueval qui accompagne Saint Louis dans son expédition en Afrique.
En 1396, Louis d'Argies est seigneur de Framerville. Au 15éme siècle, ce domaine était possédé par la famille de Boussi. En 1549, Jean de Riverey le possède puis  ce sont les Collemont dans le siècle suivant. En 1700, il est occupé par Jean Charles de Collemont. La seigneurie de Framerville passe par alliance au comte de Watteville, puis à M. Biaudos de Casteja, marié à la riche héritière Doria.


Les Voiture, famille alliée aux Collemont 
 

                                                                        Vincent Voiture par Philippe de Champaigne
                                                                          Vincent III Voiture par
                                                                        Philippe de Champaigne

Fils d’un Vincent I Voiture marchand de vins qui suivait la Cour du Roy et de Jeanne de Collemont d’une famille bourgeoise d’Amiens, Vincent III Voiture fit ses études à Paris et gagna la protection de Gaston d’Orléans, frère du Roy Louis XIII, en lui adressant une pièce de vers à l’âge de 16 ans. Ce prince le nomma Contrôleur général de sa Maison, puis Introducteur des Ambassadeurs. Le Comte d’Avaux, dont il avait été le condisciple, le mit en relation avec plusieurs personnes de la Haute société. Chaudebonne l’introduisit à l’Hôtel de Rambouillet. Il enseigna le beau langage et les belles manières aux habitués de cet hôtel dont il fut le héros galant et badin, comme Balzac en était le héros sérieux. Quand il accompagna le duc d’Orléans, après la Journée des Dupes, en Lorraine, puis dans le Languedoc, les épîtres qu’il envoyait étaient un évènement dans le monde des beaux-esprits. Il en écrivit aussi d’Espagne, où le prince l’avait chargé d’une mission. De retour à Paris, il se concilia le Cardinal de Richelieu par une lettre sur la prise de Corbie et devint, en 1634, un des premiers membres de l’Académie française (fauteuil 33). Envoyé vers le Grand-duc de Toscane en 1638 pour lui notifier la naissance du dauphin, il alla jusqu’à Rome où il s’occupa d’un procès qu’y avait Catherine de Rambouillet et fut élu membre de l’Académie des humoristes. Maître d’hôtel du Roy en 1639, son revenu finit par monter à dix-huit mille livres. Il resta jusqu’à la fin de sa vie frivole et galant, n’ayant qu’une passion sérieuse, le jeu. Ses écrits sont considérés comme représentatifs de la "préciosité" : Sonnet à Uranie, Sonnet de La Belle Matineuse, Rondeau Ma foi, c’est fait… La réputation de Voiture lui survécut jusqu’à la fin du XVIIe siècle.



Les (Vuitasse) Witasse-Thézy, famille alliée aux Collemont
 
Blasonnement : D’azur à trois bandes d’or.
 
Cette famille ajoute le nom de son fief à son patronyme et se fait appeler de Witasse de Vermandovillers. Anne de Collemont épouse donc  Jacques de Witasse en 1629. Un de leurs descendants, Jacques Marie Joseph de Witasse s’allie à Henriette de Sacquespée, dame de Thézy (qui est un marquisat), ce qui fait que leur fils Joseph Louis François devient marquis de Thézy et porte comme patronyme de Witasse-Thézy, qui est le patronyme actuel.
                                               
                                                       
Les Des Friches-Doria, famille alliée aux Collemont
 

Blasonnement : Écartelé au 1 et au 4 d'azur, à la bande d'argent, chargée de trois défenses de sanglier de sable, accompagnée de deux roues à quatre rais du second émail; au 2 et au 3, coupé d'or et d'argent, à l'aigle de sable languée, membrée et couronnée de gueules, brochante.


                               Blason Desfriches-Doria2                      Marie-Elizabeth Desfriches-Doria
                                                                                                                                         Marie-Elizabeth Desfrisches-Doria

 
Fille de François Firmin Des Frisches Doria, comte Doria, marquis de Payens, Marie Elisabeth Des Frisches-Doria, née le 2 juillet 1733, est l’aînée de deux demi-sœurs. Elle constitue un parti tout à fait intéressant pour un cadet de famille dont les biens patrimoniaux sont assez restreints. De sa mère Marie-Geneviève de Watteville et de son frère, tous deux décédés en 1764, se concentrait entre ses mains tout l’héritage de son arrière grand-père, Charles de Collemont : les seigneuries de Framerville, de Rainecourt, d’Herleville et de Belleuse en partie.
Elle est, tout d’abord, issue de l’alliance d’une noblesse au nom prestigieux et d’une noblesse plus ou moins ancienne, mais, en tout cas, du côté paternel, comme du côté maternel, profondément enracinée dans sa terre et dans sa province picarde. En effet, c’est Marie Elisabeth qui explique la présence du couple en Picardie, même si son nom ne l’indique pas plus que celui de son époux.
L’origine de la famille paternelle est illustre : elle descend par une femme de la très ancienne famille de Doria de Gênes. Une branche de la famille Doria s’était installée en France au XVème siècle, puis en Normandie à la fin du XVIème siècle. Au début du XVIIème siècle, Pierre Doria, amiral de galères de Marie de Médicis, fait de l’un de ses neveux, François Des Friches, son héritier universel : d’où la naissance de la maison Desfriches-Doria. François s’établit bientôt par un mariage avec Madeleine puis Anne de Moreuil, en Picardie, plus précisément dans le Santerre. Les fils embrassaient aussi traditionnellement la carrière des armes. Par ailleurs la famille jouissait d’une situation financière tout à fait enviable : le grand-père de Marie-Elisabeth, le marquis Doria, laissait à sa mort en 1781, une succession dont l’actif s’élevait à un million cent mille livres ; elle était composée entre autres, de plusieurs seigneuries. Les Desfriches-Doria font donc partie de la bonne noblesse picarde, ayant assez de renom pour que le marquis Doria ait contracté un mariage avec les Colbert de Villacerf. Par sa mère, mademoiselle Doria est la petite fille du comte de Watteville, gouverneur de Ham, et d’une demoiselle Marie-Françoise de Collemont. Les Collemont étaient une famille d’origine picarde, d’abord de la bourgeoisie d’Amiens, puis anoblie par Henri III, et propriétaire de plusieurs seigneuries du Santerre.


Les Mariette, famille alliée aux Collemont

Pierre II Mariette, fils de Pierre I Mariette, éditeur et marchand d'estampes, épouse en avril 1655 Madeleine de Collemont, veuve de l'éditeur d'estampes François Langlois dit Ciartres, marchand de livres et d'images à Paris rue Saint-Jacques, dont il reprend le fonds. François Langlois se lia d'amitié en Angleterre avec Van Dyck qui fit son portrait à Paris en 1641 jouant de la musette ("de la sourdeline"). 
Le deuxième fils de Madeleine de Collemont, Nicolas Langlois, graveur-libraire à Paris, a eu comme petite-fille Genevieve-Louise de Foucroy mariée à Ignace-Théodore Brongniard, chimiste-pharmacien, père de l’architecte du Palais de la Bourse à Paris.
Pierre II Mariette obtient en 1662 la permission de graver et d'imprimer les traités et cartes de géographie composés par Nicolas Sanson. Il revend son fonds à ses héritiers en 1716 et décède peu après. Il est le père de l'éditeur et marchand d'estampes Pierre-Joseph Mariette, du graveur-libraire et éditeur d'estampes Jean Mariette et du libraire Denis Mariette.
Son petit-fils Pierre-Jean Mariette, célèbre graveur, libraire-éditeur à Paris, et surtout collectionneur d'estampes, après avoir vendu la librairie de son père, se consacre exclusivement à constituer sa propre collection : tableaux, bronzes, terres cuites, 1400 dessins, 1500 estampes. Pierre-Jean Mariette a perpétué la tradition familiale de plusieurs générations d'éditeurs et de marchands-graveurs parisiens, avant d'être reconnu comme un exceptionnel amateur, dans un siècle qui se consacre à la passion de collectionner et à l'érudition éclairée. Spécialiste de la gravure, il manifeste un don certain pour l'ordre et l'inventaire, un des fondements de sa démarche. Accumulant renseignements et observations, Pierre-Jean Mariette est doué d'une vraie mémoire des manières des différents artistes. D'un ton juste et concis, bien que non dépourvu d'une certaine sensibilité, il identifie les personnalités, se servant d'un sens aigu de l'analyse, s'appuyant sur sa science de l'image acquise au contact des estampes. Tout ceci l'amenant à devenir membre de l’Académie du Dessin de Florence dès 1733, "associé libre" en 1750 puis "amateur honoraire" en 1767 à l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture de Paris, un des premiers non aristocrates à en recevoir le titre. Il sera Contrôleur général de la Grande Chancellerie de France, anobli par le Roi Louis XV et fait Chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit. Après sa mort en 1774, l'ensemble de sa collection est dispersé aux enchères, sauf 1266 dessins originaux qui seront acquis par la Couronne et versés au Louvre. 
 
Les Biaudos de Castéja, famille alliée aux Collemont
                                                        

                                                              Blason Biaudos de Castéja2  

                                 Blasonnement : Ecartelé aux 1 et 4 d’or au lion de gueules ;
                                                           aux 2 et 3 d’argent à trois merlettes de sable.

 

La maison de Biaudos (ou Biodos), illustrée par une longue continuité de services militaires dans des grades supérieurs, par la possession de plusieurs terres titrées, et par de belles alliances, a pris son nom d’une seigneurie jadis considérable, située à trois lieues de Bayonne et à cinq lieues de Dax.

Il est de tradition dans le pays des Landes que, vers le milieu du XIe siècle, les sires de Gramont et de Beaumont, dans une guerre violente  qu’ils se firent, se rapprochèrent comme haut arbitre au seigneur de Biaudos, qui mit fin à leurs différends, par un traité dont il leur proposa les conditions.

Cette très ancienne maison chevaleresque - dont d'Hozier conservait un traité de 1316, signé par l'un de ses membres - atteignit à partir du XVIIe siècle les plus hauts honneurs de la Cour. Les seigneurs de Biaudos et de Castéja furent présents en 1651 à l'assemblée de la noblesse d’Albret et ont été convoqués à l’arrière-ban des gentilshommes de la même sénéchaussée, de 1680 à 1700. Les titres de cette maison établissent littéralement sa généalogie depuis Georges de Biaudos, écuyer, sieur de Biaudos, ainsi qualifié dans son contrat de mariage du 2 octobre 1481 avec Catherine de Berraut. Les descendants de Georges de Biaudos ont formé quatre branches :

1 -   celle des Barons de Biaudos, éteinte peu après le milieu du XVIIIe siècle ; 
2 -   la première branche des Marquis de Castéja, éteinte après 1755 ;
3 -   la seconde branche des Marquis de Castéja, éteinte le 18 novembre 1816 ;
4 -   celle des Comtes de Castéja, chefs des nom et armes de cette maison.

Ces différentes branches ont produit plusieurs personnages de marque, entre autres trois Maréchaux de Camp et trois Brigadiers des armées du Roi, des gouverneurs de places, un Commandeur de l’Ordre Royal et Militaire de Saint-Louis, des Colonels propriétaires de Régiments à leur nom, une sous-gouvernante du Roi Louis XV et des enfants de France.

La branche des Comtes de Castéja avait pour chef au Xe degré, Stanislas Catherine de Biaudos (son parrain est le Roi de Pologne, Stanislas le Bienfaisant, Duc de Lorraine), Comte de Castéja, Colonel du Régiment Royal-Comtois en 1773, Maréchal des Camps et Armées du Roi le 1er janvier 1784, Commandant du département du Pas-de-Calais en 1790, qui avait épousé Marie Françoise Elisabeth Desfriches-Doria, fille de Marie Marguerite François Firmin Desfriches, Chevalier-Comte Doria, Marquis de Payens, et de Marie Geneviève du Fossé de La Mothe-Watteville, fille elle-même de Charles François et de Marie Françoise de Collemont.   

Si, au dire de son frère, l’ancien Roi de Pologne, Stanislas Leczinski, avait loué Stanislas Catherine de son courage héroïque et surtout de sa bonté et de son humanité naturelle et touchante, ces qualités constituèrent son seul héritage. Fils cadet d’un gentilhomme de la chambre du roi de Pologne, le Chevalier de Castéja n’était point fortuné. Cela s’arrangea néanmoins assez vite puisqu’à 13 ans, il était désigné héritier universel du Comte Marie-Ferdinand de Berlo de Frandouair, d’une puissante famille de la noblesse belge, qui s’était pris d’affection pour le jeune adolescent. C’est de son bienfaiteur, mort en 1763, qu’il reçut le fief de Vaux, seul bien foncier qu’il aura jamais puisqu’il renoncera à sa part de l’héritage paternel peu intéressant et vraisemblablement criblé de dettes. Il entra dans l’armée à 16 ans, choisissant l’infanterie, moins prestigieuse que la cavalerie dans laquelle servait son frère aîné, mais aux grades moins onéreux. Très apprécié de ses supérieurs, il fit une très belle carrière au régiment de La Marck avant d’être major du régiment d’Alsace puis du Bourdonnais où il eut rang de lieutenant colonel en 1769. Le 28 juillet 1773, il devint colonel propriétaire du Royal-Comtois, suite à la démission du colonel comte de Noé, et on le gratifia d’une pension annuelle de 200 écus. Il fut créé chevalier de Saint-Louis le 4 décembre 1770.
 

Le 10 janvier 1779 à Versailles, le roi et la famille royale donnèrent leur agrément pour son mariage avec Marie-Elisabeth-Françoise Desfriches-Doria, riche héritière de nobles picards, petite-fille par son père du Marquis Doria et par sa mère du Comte de Watteville, gouverneur de Ham, marié à une demoiselle de Collemont. C’est le 16 janvier, chez l’époux, rue du Cherche Midi, que le contrat est signé en présence des témoins et de la famille. La mariée apporte à son mari plusieurs seigneuries parmi lesquelles Framerville, Rainecourt, Herleville et Belleuse. La célébration religieuse aura lieu le 3 février suivant à Cayeux-en-Santerre. La résidence ordinaire du couple devient le château de Framerville, demeure agréable et richement meublée, aujourd’hui disparue, construite à la fin du XVIIème siècle par l’arrière-grand-père Charles de Collemont. Le couple mène une vie traditionnelle de nobles fortunés de province : carrière militaire, gestion des biens du couple, chasse et lecture pour le Comte, travaux d’aiguilles pour la comtesse, visites de courtoisie et réceptions.
 

En 1779, le chevalier de Castéja prend le titre de Comte, son frère aîné Louis Anne Alexandre succédant à son père comme marquis de Castéja. Le 1er mars 1780, cet excellent officier en tous points est promu brigadier d’infanterie et le 1er janvier 1783 il est promu maréchal des camps. Le 1er avril 1788, il est nommé Inspecteur divisionnaire de la 1ère division d’Alsace. Comme pour tant de familles à statut social, la Révolution vient perturber cette vie heureuse et les conduira à de folles dépenses d’énergie pour préserver leur patrimoine des conséquences de leurs choix, particulièrement celui d’émigrer.
 

En octobre 1791, il quitte la France pour Coblence où il rejoint l’armée des Princes, laissant son épouse dans une situation délicate. Bien qu’ayant quitté l’armée des Princes avant sa dissolution, le Comte de Castéja ne peut pas revenir en France comme l’enjoignent les décrets de 1791 et 1792. Il est en effet gravement malade et s’est installé au château de Veves à Celles, chez Hilarion de Liedekerke Beaufort où il meurt le 10 mai 1792.

Avant de mourir, il avait fait une déclaration précisant que ses biens français étaient propres à sa femme. Cette déclaration fut suffisante, rendant inutile le divorce de circonstance envisagé, solution utilisée par bien des émigrés désireux de sauver leurs biens. Marie Elisabeth fut emprisonnée de novembre 1793 à juillet 1794. A sa libération, elle trouva les scellés sur le château de Framerville vidé de tout son mobilier qui avait été saisi. Commença alors une longue bataille juridique pour récupérer ce qui n’avait pas encore été vendu et recevoir une compensation financière pour le reste. Elle fut efficace puisque Marie Elisabeth, qui mourut à Framerville le 20 avril 1803, avait réussi à préserver en grande partie ses intérêts et à les transmettre à ses deux fils. Au bout de huit ans, elle obtint la radiation de Catherine Stanislas de la liste des émigrés.

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