Le C.R.A.P., Cercle de Recherche et d’Action Pédagogiques
 
"Changer la société  pour changer l’école
Changer l’école  pour changer la société"
 
Le CRAP se veut engagé, parce qu’il ne croit pas à une pédagogie pure : changer la société pour changer l’école, changer l’école pour changer la société, peut-on lire sur chaque publication. Mais il sauvegarde son autonomie vis-à-vis de tout syndicat, de tout parti, de tout ministère. C’est en toute indépendance que le CRAP et les Cahiers pédagogiques prennent position sur les réformes qui sont mises en oeuvre et réclament celles qui leur semblent indispensables.
 
Un mouvement militant
Le but du CRAP est de contribuer à l’évolution  de l’enseignement et de la formation pour  une société démocratique. Les adhérents  sont des acteurs du monde éducatif,  de la maternelle à l’université.

 
          Pour se former :
        Le CRAP, un espace où prendre du recul  par rapport au quotidien, faire évoluer ses
        pratiques, suivre l’actualité de la pédagogie.
        Pour analyser, élaborer :
        Comprendre les difficultés du métier  en dépassant les idées reçues, rechercher  les
        leviers et les dispositifs pour mettre  en pratique ses valeurs.
        Pour contribuer aux innovations … 
        en travaillant en équipes dans son établissement, en s’impliquant dans des collectifs
        associant recherche et action.
 
Une revue
Les Cahiers pédagogiques sont une revue de pédagogie à comité de rédaction, publiée par l'association CRAP. Créée en 1945, dans la dynamique des "classes nouvelles", cette revue favorise l'expression des praticiens de l'éducation et des chercheurs en Sciences de l'éducation, avec une volonté affirmée de mettre en relation ces deux mondes dans la perspective de transformer les pratiques pédagogiques dans l‘école, le collège et le lycée.
Elle réalise huit numéros par an, proposant des dossiers en lien avec des thèmes disciplinaires ou transversaux : témoignages d’enseignants, articles scientifiques, échos de l’actualité pédagogique ou scolaire. Elle propose également, en complément, des articles en accès libre sur son site internet.
Les Cahiers pédagogiques recherchent les croisements de regards, entre récits de pratiques  et approches théoriques, outils et dispositifs pour les apprentissages et comptes rendus  de recherche.
 
Un fonctionnement associatif
Les orientations et les décisions sont prises  par un bureau hebdomadaire et un conseil d’administration. Une assemblée générale réunit les adhérents une fois par an. Un réseau de correspondants académiques anime les  activités locales du CRAP.
 
                                                                                                             
                                                                                                                                               Gérard Colmont
                                                                                                 Militant et Ancien Correspondant Académique
                                                                                                       du C.R.A.P. pour la Région Aquitaine

 
 
Quelques publications en Recherche pédagogique, car la recherche n’est pas qu’une affaire de scientifiques :
 
Colmont G., 1986 : Méthodes de travail. Cahiers pédagogiques n° 249.
Colmont G., 1987a : Des réunions efficaces. Cahiers pédagogiques n° 253.
Colmont G., 1987b : Travail autonome d’expérimentation. Cahiers pédagogiques n° 256.
Colmont G., 1988a : La culture, se consomme-t-elle ? Cahiers pédagogiques n° 261.
Colmont G., 1988b : L’animation, un art mineur ? Cahiers pédagogiques n° 266.


 
 Le CRAP-Cahiers pédagogiques et l'éducation nouvelle
 
Le  Cercle de Recherches et d'Action Pédagogiques s'est constitué autour de la Revue des Cahiers Pédagogiques, comme mouvement pédagogique indépendant, avec ses propres règles, son fonctionnement démocratique. Une date importante : 1963 ; c'est la publication d'un document qui n'a pas pris trop de rides (au moins sur le fond) : "le manifeste pour l’Éducation nationale". Le CRAP, dans ce hors-série des Cahiers lançait déjà des propositions, se situant dans les débats éducatifs comme une association militante qui, en particulier, ne lie pas le sort de l’École à l'obtention éventuelle de moyens supplémentaires, même si cela peut être important et nécessaire. On notera l'apparition de la devise paradoxale sur la couverture de la revue : "changer l’École pour changer la Société, changer la Société pour changer l’École". Elle s'est maintenue, malgré les transformations intervenues dans l'air du temps. Elle s'articule aujourd'hui avec un autre appel : "aimer, faire aimer l’École". Les militants du CRAP n'ont pas vu de contradiction entre les deux formules. Ont-ils tort ?
 
Plus de vingt ans après, les relations du CRAP avec l’éducation dite nouvelle, ont-elles évolué ? Qu’est-ce qui dans les textes anciens peut paraître caduc ou à revoir ? Comment être à la fois héritiers d'un mouvement né il y a bientôt 100 ans et garder une dynamique innovante, sans jouer les nostalgiques d’un âge d’or de la pédagogie, tout aussi mortifère que les rêves d’école d’antan des réactionnaires ?
Proposons quelques réflexions sur des problématiques qu’il faut continuer à travailler à la lumière des évolutions récentes :
La pédagogie nouvelle doit parvenir à définir sa place entre :
- les rêves naturalistes et spontanéistes privilégiant un "épanouissement de l’enfant" faisant fi de considérations sociales : une pédagogie hors sol ne prenant pas en compte le contexte et l'origine sociales des élèves ;
- une approche technocratique des compétences, proche du béhaviorisme ou du management libéral, où sont perdues de vue les finalités humanistes et l'accompagnement personnalisé de l'élève vers sa réussite.
 
Elle doit aussi naviguer entre deux dérives :
- le tout collectif qui, sous prétexte de développer la coopération, en oubliant que la mise en avant de l’individu libre est une conquête de la pensée des Lumières, ferait l'impasse sur le fait que le "vivre ensemble" n’est pas une fin en soi mais qu'à l'école c'est d'abord dans et par les apprentissages que l'on apprend à vivre ensemble.
- l’individualisme qui se confondrait avec la nécessaire personnalisation des apprentissages et des parcours, positionnement très présent actuellement au sein de certains courants se réclamant par exemple de Montessori.
 
Elle doit savoir intégrer l’ère du numérique et des réseaux sociaux, les avancées de la recherche et notamment celle sur les neurosciences, les nouveaux défis lancés à la citoyenneté par la montée des autoritarismes et des communautarismes, en évitant une fascination aveugle pour le progrès technique aussi bien que les rejets obscurantistes.
 
L'éducation nouvelle doit aussi se poser comme un acteur du débat public. Ce n’est pas forcément nouveau : déjà au moment du Front populaire, Freinet lançait un appel pour soutenir les réformes de Jean Zay. Il s’agit bien d’apporter un soutien, toujours critique, à ce qui va dans le bon sens, en résistant à la tentation du purisme, ou à l'enfermement dans le confort d’un entre soi, les réformes venant d’en haut étant toujours trop imparfaites, toujours insuffisantes, toujours insatisfaisantes. Il ne s'agit pas non plus de faire un culte unilatéral de "l’initiative qui vient de la base", et de s'engager naïvement dans une croyance en une tache d’huile novatrice qui se répandrait. L’impulsion institutionnelle reste souhaitable et indispensable même si l'on doit rester vigilant aux risques qu'elle soit contre-réformatrice et faire alors bien des dégâts.
 
C’est d’ailleurs pourquoi le CRAP - Cahiers pédagogiques a lancé dans les années 2000 le mot d’ordre de "proposer et résister", en même temps, avec, selon les contextes, une insistance plus grande sur l’un ou l'autre des deux termes néanmoins indissociables. Enfin, il est vraiment essentiel, comme évoqué plus haut, de refuser les doxas, de poursuivre les débats au sein même de la mouvance de l’éducation nouvelle, en favorisant partenariats et réflexions croisées, comme nous l’avons fait au CRAP - Cahiers pédagogiques au cours des dernières années sur des sujets comme la validité de l’idée de "socle commun", la place d’une approche par compétences ou encore la prise en comptes des rythmes de l'enfant dans sa scolarité.
 
                                                                                                                                          Catherine Chabrun le 28/10/16
                                                                                                                          I.C.E.M. – Pédagogie Freinet
 
Autres publications chez les camarades de la Pédagogie Freinet :
 
Barbe P., Gauthier Cl., Delobbe J. et Delobbe G., (G. Colmont, collaborateur), 1986 : Les Gaulois. ?Publications de l'Ecole Moderne Française. Périscope, série Repères. Cannes.
Colmont G. (P. Barbe, collaborateur), 1989 : Techniques et méthodes actuelles de recherche en archéologie. Publications de l’Ecole Moderne Française. Périscope, série Repères. Cannes.
Delobbe A. et G. (G. Colmont, collaborateur), 1996 : L'évolution du vivant. Publications de l'Ecole Moderne Française. Périscope, série Sphères. Cannes.
Kresay Ch. (G. Colmont, collaborateur), 2001 : Géologie de la France. Publications de l'Ecole Moderne  Française. Périscope, série Sphères. Cannes.

 
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